Touareg ou les " Hommes Bleus "
 
"Touareg" est un terme d'origine arabe, (au masculin: Targui, au féminin: Targuia).

Les Touareg se désignent eux-mêmes:

  • Kel Tamashek, ceux qui parle la langue Touareg.
    ou
  • Kel Tiggelmoust, ceux qui coiffe le voile (chèche)de couleur indigo (bleu) d'ou les "Hommes Bleus".
Les Touareg ont un dénominateur commun montrant une même culture, un même langage, une même identité (Temoust).
Les Touareg occupent une vaste région dont les limites s'étendent au Sahara, au Soudan et au Sahel (Algérie, Mali, Niger, Lybie, Burkina-Faso, Tchad et Nigéria).
Les Touareg seraient-ils les descendants des Garamantes ou de Tin-Hinan?
Qui sont leurs ancêtres?

  Langue

Tamacheq ou Tamahak

C'est seulement au Niger que le Tamacheq est reconnue comme langue officielle.

La langue parlée les apparente aux Berbères. Elle se divise en plusieurs dialectes:

  • le Tahaggart parlé par les tribus de l'Ahaggar, du Tassili n-Ajjer et certains Taïtok de l'Aïr.
  • le Tadrak parlé par les tribus de l'Adrar des Iforas.
  • le Taïrt parlé par les Kel Aïr et le Taoullemmet parlé par les Ioullimmidden.
  Le Berbère appartiendrait au groupe Chamito-Sémitique (Afro-Asiatique), qui comprend le Sémitique, l'Egyptien, le Lybico-Berbère et le Couchique, lesquels seraient tous issus d'une couche linguistique ancienne, répandus en Arabie et dans toute l'Afrique Septentrionale. Par leur langue, les Touareg appartiennent donc à la civilisation du Proche-Orient. Mais pour d'autres personnes, les avis sur cette appartenance divergent et le Berbère serait plutôt, non pas une langue importée, mais autochtone.

  Ecriture
Tifinagh ou Tifinar
Complètement phonétique, le Tifinagh encore en usage veut dire
" signe".
L'alphabet est composé de 24 caractères, consonnes, à forme géométrique simple, points, traits, cercles et association de figures ou signes doubles. Parfois le manque de voyelles rend la lecture très difficile. Le Tifinagh s'écrit de droite à gauche ou de gauche à droite ou de bas en haut ou de haut en bas. L'origine du Tifinagh serait Lybico-Berbère mais les avis sont différents. Les Touareg possèdent aussi un langage digital, reproduisant les signes Tifinagh dans la paume de leur interlocuteur sans être vu des autres.

  Organisation Sociale
En règle générale La socièté Touareg comporte une organisation sociale fortement hiérarchisée axée sur l'hérédité, l'endogamie, la répulsion entre les différents groupes et, le refus de fréquenter les personnes de castes opposées.
  Il existe un système de classes "Aserkam", divisant les individus en suzerains (Imochar), vassaux ou "serfs" (Imrad) , religieux (Inislimen), artisans (Enaden), serviteurs ou esclaves (Iklan), le tout sous
l' autorité nominale d'un chef (Aménokal) exerçant sur tout un groupe de tribus ou de confédérations (Tobol ou Ettebel).
Lexique
  • Aménokal (possesseur du pays en Tamahak): Titre donné au chef suprême régnant sur un groupe de tribus nobles, vassales ou assimilées. Le *Tobol ou Ettebel, tambour de guerre, le distingue des autres. Dans la Sahel, ce titre était parfois attribué aux chefs de faction ou de campements. L'aménokal est désigné selon le système matriarcal, l'hérédité, toujours choisi dans une même tribu noble et une même lignée parfois deux lignées latérales. Pour certaines tribus, la succession se fait par la lignée patrilinéaire (Ioullimmiden et Iforas). Le rôle de l'Aménokal est celui d'un chef de guerre, et d'un protecteur, il arbitre les conflits entre les tribus. Une assemblée de notables, l'Arollan (nobles et chefs de fraction), approuvent ses décisions, sans cette assemblée son autorité serait vaine. Jadis, l'Aménokal recevait un tribut sur chaque faction allant du sac de mil (Mezoued) à l'outre d'eau (Guerba). Il percevait aussi le Douro (somme d'argent) versé par chaque homme guerrier coiffant le taguelmoust (voile), la Guessa (récolte) par les cultivateurs, des mouflons et produits divers des propriètaires de terrain et de troupeaux. Par ailleurs, les vassaux lui payaient une redevance, la Tamaa, issue de leurs tributs.

    * Tobol ou Ettebel (Tambour en arabe): Insigne de commandemant de l'Aménokal. Le Tobol ou Ettebel est un énorme tambour de guerre très représentatif du commandement, si bien que l'Aménokal est appelé Tobol ou Ettebel ainsi que toutes les tribus sous son autorité. Lors de grands rassemblements le Tobol ou Ettebel est frappé par un ou deux battants, le Imitkar, confectionnés en peau de chameau. En cas de guerre, le battement était très significatif selon l'intensité et la cadence. Auparavant, l'Aménokol ne se déplaçait jamais sans son Tobol ou Ettebel.

  • Amrar (pl. Imraren): Chaque tribu (Taoussit) a son chef, Amrar. Il est l'intermédiaire entre les personnes de la tribu et l'Aménokal. Il transmet les ordres et s'assure de les voir exécuter. Il est nommé selon les règles matrilinéaires et l'approbation d'une assemblée. L'Amrar n'a pas d'insigne représentatif. Autrefois, il était chargé de la collecte de la Tioussé (impôts) chez les Imrads (vassaux). Il définissait la part de chacun et règlait les petits différends.

  • Imouhar (sing. Amâhar, signifie noble): Ils forment la classe aristocratique. Jadis, Les Imouhar, suzerains, étaient principalement Guerriers et ne devaient leur statut social et leur subsistance qu'aux Rezzous (sing. Razzia, pillage). Ils détenaient les droits politiques et la propriété foncière. Ils confiaient aux Imrad (sing. Amrid, vassaux), la garde des troupeaux capturés lors des Rezzous, mais en avaient l'usufruit. Ils se contentaient de garder quelques bêtes pour leurs besoins journaliers. Ces troupeaux étaient gardés par des serviteurs noirs (Iklan, esclaves). Les Imouhar devaient une protection absolue aux Imrad. Mais dès l'occupation Française, les Imouhar sont devenus pauvres, tandis que les Imrad grâce à leurs troupeaux se sont enrichis. L'état de Guerre et de Pillage étant révolu, les Imouhar se sont vite constitué des troupeaux et ont défendu au mieux leurs intérêts.

  • Inislimen (religieux, marabouts): Ils jouent le rôle de Marabout et s'occupent de l'éducation religieuse des enfants. Leur situation sociale est importante et supérieure à celle des Imrad. Selon les confédérations, les Inislimen ont leurs propres Imrad (vassaux). Ils, sont exempts de Tioussé (impôts). Certains Imouhar acceptent des unions avec eux tandis que d'autres sont considérés comme nobles et autrefois ils pouvaient guerroyer. Ceux de l'Adrar ont formé une confédération désignée sous le nom de Ichériffen ou Chériffen (en arabe, chérif, noble). Les Inislimen s'administrent eux-mêmes sans l'intervention des Imouhar.

  • Imrad (vassaux voire les "serfs"): Les Imrad sont organisés en tribus, élisent leur chef selon les règles matrilinéaires des Imouhar et s'administrent eux-mêmes sans intervention de l'Aménokal. Leurs troupeaux étaient constitués de chèvres. Ils avaient le droit d'avoir des Iklan (esclaves) destinés aux tâches ménagères et à la garde des troupeaux. Les Imouhar les ont entraînés dans les Rezzous malgrè eux. L'appât du gain en a fait des guerriers redoutables. Ils guerroyèrent et donnèrent une partie de leur butin aux Imouhar. Certaines tribus si fortes militairement réussirent à s'affranchir des Imouhar.

  • Issekkemâren et Ireguénaten (mélangés ou mariage mixte avec Arabes ou Berbères, vassaux assimilés) : Ces deux tribus sont assimilées aux Imrad quoique vassales des Ihmouhar. Leur statut social est plus élevé que les Imrad. Ils sont libres. Ils versent une rente annuelle, Rharama, à l'Aménokal en échange de sa protection. Ils s'administrent comme les Imrad, parlent le Tamahak. Autrefois ils possèdaient des Iklan. Il est rare de trouver des unions avec les Imrad et les Imouhar.

  • Iborelliten (naissance de parents Touareg et Noir, vassaux assimilés): Tribus libres. les Iborelliten parlent le Tamahak et dépendent d'un Amrar. Jadis, ils possédaient des serviteurs et des troupeaux. Ils font parfois union avec les Imrad. Leur carnation diffère selon celles-ci.

  • Iklan (sing. Akli, fém.sing.Taklit, esclaves ou serviteurs des Touareg). C'était des Esclaves Noirs issus du Soudan. Les Iklan étaient employé aux tâches ménagères, à la garde des troupeaux et autres besognes. Les Iklan pouvaient être possesseurs d'animaux. Leurs enfants étaient élevés avec ceux des Touareg et au même niveau. Les Iklan étaient bien traités par leur maître et partagaient les repas. Depuis l'indépendance de nombre de pays toutes ces règles ont été abolies.

  • Iklan-n-Egef (esclaves ou serviteurs en semi-liberté): Les Touareg avaient rendu une semi-liberté à un certain nombre de Iklan. C'était les Iklan-n-Egef et, ils étaient chargé de la garde des troupeaux. Nous les trouvons au Sahel sous le nom de Bellah (pas complètement affranchis, mais vivent librement) ou de Bouzou.

  • Iderfan: C'était des esclaves affranchis suite à de bons services rendus. Parfois affranchis par compassion.

  • Enaden (sing.Enad, artisan, forgeron, bijoutier): La caste des Enaden est très fermée. Ce sont les artisans et ils assurent le travail de la forge. Ils fabriquent les armes, les ustensiles de cuisine, travail le bois et le cuir (selle de chameau), s'improvisent comme guérisseur. Les Enaden sont classés à part car ils maîtrisent le feu et, sont habités par les génies. Par ailleurs, ils jouent d'entremetteurs lors de mariage. Certains sont musiciens ou conteurs (Griot), parfois même ils sont devenus interprètes et conseillers. Ils parlent le Tamachek et entr'eux un dialecte différent le "Tenet". Ils dépendent d'un chef ou d'une tribu. Les Enaden ne versent pas la Tioussé (impôt). Socialement, ils se situent entre les Imrad et les Iklan et, pouvaient posséder des serviteurs.
  La Femme Touareg
  Dans la société Touareg il faut retenir deux faits importants:
 
  • la monogamie

  • le matriarcat
  Ce qui explique la position de la femme Touareg dans la tribu et dans la famille, égale à celle de l'homme. La femme Touareg dispose d'une large liberté , elle peut choisir son mari et elle gère comme bon lui semble l'ensemble de ses biens. Les femmes Touareg assurent la pérennité des traditions et du folklore. Par ailleurs, elles jouent d'une grande influence.

  Organisation Socio-Politique
Confédérations

Les Touareg se divisent en plusieurs groupement plus ou moins inféodés à un chef. Ces groupements (Tribus) ont été nommé "Confédération" lors de la pacification entre le Sahara et le Sahel.
Au moment de l'arrivée des Français, les Touareg se divisaient en cinq groupes différents. Aucun lien existait entr'eux. Pas de chef suprême pour rallier toutes les tribus.
  Parmi ces cinq groupes nous trouvons sont identifiés par le nom du territoire dont ils ont le contrôle:
 
  • Les Kel Ahaggar ou Ihaggaren et les Taïtoq qui habitaient le Massif de l'Ahaggar (Algérie). Ils nomadisaient parfois proche de l'Aïr et dans l'Adrar des Iforas.

  • Les Kel Ajjer résidaient dans le Tassili n-Ajjer (Algérie) jusqu'aux abords de Mourzouk et une partie du Fezzan (en Lybie).

  • Les Oulliminden ou Ioullimmiden situés sur la région de Ménéka (Mali) dont l'autorité morale s'étendait sur tous les Touareg de la boucle du Niger et les Kel Dinnik sur la région de Tahoua.

  • Les Tenguéréguif, descendants des Tademaket et suzerains de Tombouctou, occupaient les rives du lac Faguibine. Aussi appelés Touareg Nigériens ou Touareg Maliens, Touareg du Sud ou Soudanais.

  • Les Kel Aïr ou Kel Azben, groupe comprenant les Kel Gress et les Kel Eoui. Tous placés sous l'autorité du Sultan d'Agadez (Niger). Les Kel Eoui habitaient le massif, tandis que les Kel Gress vivaient dans les plaines de Sud, au Damergou.
 
Défilement

Fermer