Histoire du Mali

Au sud du Sahara, les populations noires ont constitué de grands empires comme celui du Ghana. Cet empire est connu grâce aux fouilles archéologiques et aux documents écrits en arabe par El Bekri.


  L'Empire du Ghana
Situation L'Empire du Ghana ou Ouagadou était limité au Nord par le Sahara. au Sud par les Fleuves Niger et Sénégal, à l'Ouest par l'actuelle Mauritanie et à l'Est par la cuvette du Niger.
Les origines du premier Empire d'Afrique Noire, le Ghana, sont mal connues, (les dates oscillent entre le IIe et le VIIe siècle après J.-C). Son nom semble avoir désigné d'abord le souverain, puis la capitale et enfin l'Empire. Les Soninké seraient les fondateurs de l'Empire du Ghana. L'Empire était nommé Ouagadou et la capitale était Koumbi-Saleh située au Nord de Nara, dans l'actuelle Mauritanie.

Le Ghana était un royaume prospère. L'Empire commerçait avec les Berbères du Nord et les Malinké du Sud.

La dynastie la mieux connue est celle des Cissé Tounkara, fondée au VIIIe siècle par Kaya Maghan Cissé ("Maître de l'Or"). Ce qualificatif indique bien la richesse d'un Empire qui fascinait les Européens et, qui connaîtra son apogée à la fin du Xe siècle et au début du XIe siècle.
En 990, Le Ghana s'empara du grand centre berbère d'Aoudaghost grâce à sa puissante armée.
Xe et XIe siecle L'Empire atteignit son apogée et s'étend alors de la Mauritanie au sud du Sénégal et au Moyen Niger (Territoires peuplés de Noirs), en particulier aux régions de Bambouk et du Bouré, productrices d'Or. En fait l'Empire se décompose en plusieurs royaumes (Ouagadou, l'Aouker, le Do, Sosso, le Mandé, le Ména, une partie du Tekrour, Galam, les régions du Niger jusqu'à Ras-el-Mâ) qui jouïssent tous d'une relative autonomie pour les questions d'intérêt local, mais se trouvent sous l'autorité d'un Empereur et de grands dignitaires (Gouverneurs). La succession est assurée de manière qu'à la mort de l'Empereur, le fils aîné de sa soeur la plus âgée monte sur le trône. La fiscalité semble avoir été légère, car l'essentiel des ressources de l'Empereur provient de la production d'Or, en poudre ou en pépites. Les prélèvements sur les récoltes semblent généralement faibles; enfin des droits de douane plus lourds aux exportations qu'aux importations complètent ces revenus.
Le déclin de l'Empire En 1 042, des Berbères convertis à l'Islam conquirent l'Empire du Ghana.
En 1 054, Yaya Ibn Omar s'empara du royaume d'Aoudaghost. Son successeur Aboubakar lutta durant quinze années contre Bessi Tounkara, Empereur du Ghana. En 1 076, après moultes échecs, les Almoravides s'emparèrent de Koumbi-Saleh, la capitale. Les conséquences de cette invasion furent nombreuses. La population hostile à l'Islam émigra vers le sud et vers l'est. Certains royaumes se rendirent indépendants (Diara, Sosso, Kingui). Le commerce transsaharien du sel et de l'or, l'agriculture ainsi que l'élevage furent désorganisés. Le pays s'appauvrit et l'Islam se répandit progressivement grâce aux commerçants.
XIIIe siècle. Le roi du Sosso, Soumaoro Kanté s'empara de l'Empire du Ghana très affaibli au début du siècle.

  Le fabuleux Empire du Mali
Origines


Nous savons qu'au XIe siècle, le Manding est composé de trois provinces: Do sur le Niger, Kiri dans les montagnes de Niagasola et Bouré près de Siguitri, célèbre pour sa production d'Or. Ses habitants, les Malinké forment une confédération de clans, dirigée par une seule famille.
Après l'invasion des Almoravides, l'Empire du Ghana s'est éclaté en plusieurs petits royaumes. Au XIIIe siècle, l'un d'entr'eux, celui du Mandé, prit son essor pour devenir un grand Empire, celui du Mali.
Le Mandé était un modeste royaume vassal du Sosso, situé entre Siguiri et Kita.
En 1 224, Soumaoro Kanté le roi du Sosso dévasta le Mandé et son roi Dankaran Touman, fils du roi Naré Famakan et frère aîné de Soundiata Kanté, prit la fuite. Alors le Mandé face à ce désastre fit appel à Soundiata toujours en exil à Méma (suite à la jalousie de son frère) où il apprit le métier des armes. En 1 235, Soundiata Kanté, écrasa l'armée du Roi de Sosso à Kirina et, fut proclamé Masa "Rois des Rois". Il fonda l'Empire du Mali. Il entreprend d'unifier la savane entre Niger et Sénégal.
Règne de Souandiata
(1 235-1 255)





En 1 240, il rejoignit Kangaba, la capitale, qui fut ensuite transférée à Niani.
Vainqueur, Souandiata rassemble ses alliés à Kourou Kanfouga. Il fixe les droits des tribus et crée des castes de métiers. La population est répartie en trente clans: seize d'hommes libres, quatre de griots, cinq de marabouts et , cinq d'artisans. La société se divise entre hommes libres, artisans et, esclaves. L'Empereur est représenté dans les provinces par les Farin qui exercent des fonctions administratives et judiciaires, tandis que la cour est le rendez-vous des lettrés. L'économie du pays était basée sur l'exploitation minière (mines d'or du Bouré), le commerce transsaharien (sel, cuivre, tissus, or, épices, ivoire, kola, esclaves) et, l'agriculture (coton...). L'armée était composée de l'infanterie, de la cavalerie et d'archers. Elle contribua à l'expansion du royaume. Le règne de Souandiata laisse le souvenir d'une ère de paix dont s'empare la légende, transmise par des générations de griots. En 1 255, à la mort de Soundiata, l'Empire du Mali englobait le Mandé, le Bouré, le Bambouk, le Sosso et une partie du Tekrour.

Apogée de l'Empire du Mali

La royauté

Au début du XIVe siècle, le Mali connaît sa plus grande extension, du Cap Vert à Agadès, du sud de la Mauritanie aux forêts du golfe de Guinée au sud. Avec Mansa Moussa (1 312-
1 337) et son frère Mansa Souleyman (1 341-1 360), l'Empire atteint son apogée. La production agricole est riche et variée. L'Or du Bouré et du Bambouk ainsi que le cuivre du Takadda sont l'objet d'un commerce considérable, car le Mali est devenu l'intermédiaire entre le monde de la forêt, l'islam et la chrétienté. Une organisation commerciale apparaît où l'instrument d'échange n'est pas seulement l'Or, mais aussi les barres de sel et de cuivre ainsi que les cauris.

  Un Grand Souverain: Mansa Moussa
En 1 325



L'Empire songhoy fut le troisième grand empire du Soudan occidental au Moyen Âge, après ceux du Ghana et du Mali. Il s'étendait le long de la boucle du Niger, du Dendi (nord de Niamey) à Djenné.
L'Empereur (Mansa) Kankou Moussa revenant du pélerinage de la Mecque, séjourna au Caire. Il offrit au sultan du Caire une telle profusion d'Or transportaient par des milliers d'esclaves somptueusement vêtus que les cours du métal précieux baisseront pendant des années sur la place égyptienne. A son retour, il veut que les villes de son Empire égalent en splendeur celles qu'il a vues et, il ordonne la construction de bâtiments imposants, comme la Mosquée de Gao, le Palais Royal et la Mosquée de Djinguareiber (Jingereber) à Tombouctou réalisé par le poète-architecte andalous Es-Sahéli avec qui il était rentré de la Mecque. L'Empire du Mali fait de plus en plus figure de grande puissance musulmane. Depuis ce pèlerinage, on lui donna le surnom de Hidji Mansa Moussa.
Déclin et fin de l'Empire du Mali Au début du XVe siècle, l'Empire sur la voie de la décadence est en proie à l'arnachie. De 1 345 à 1 473, toute la boucle de Tombouctou, Djenné et Gao est sous le profit du nouvel Empire Sonray (Askia). Les Mossi font des incursions jusqu'au Lac Débo et, le Sud du Sahara est conquis par les Touareg. L'arrivée des Portuguais sur les côtes après 1 450 désorganise la vie de l'Afrique intérieure et, le Nord-Ouest de l'Empire du Mali se fractionne à la fin du XVe siècle entre un royaume Peul et des Royaumes Locaux.

  L'Empire Songhoy
Depuis la préhistoire

Les Gow chasseurs, les Gabibi agriculteurs, les Sorko pêcheurs peuplaient le boucle du Niger. Après domination, les Sorko formèrent le royaume de Koukia. Au VIe siècle, le royaume est commandé par le roi sorko Faran Makan Boté et prit Koukia pour capitale au VIIe siècle et devint un centre commercial qui fut supplanté par Gao au VIIIe siècle avec l'avènement de la dynastie des Dia. L'origine de cette dynastie viendrait des Berbères. Les Dia étendirent leur domination sur la vallée du Niger jusqu'à Gao, où Dia Kossoï installa sa capitale.

Naissance de la Dynastie des Sonni En 1 325, la prospérité de l'Empire du Mali suscita la convoitise et Saga Mandia, général de Kankou Moussa, s'empara de Gao.
En 1 337, les princes Ali Kolen et Souleymane Nar, qui étaient en otage au Mali, parvinrent à s'enfuir. Ali Kolen prit le pouvoir et fonda la dynastie des Sonni.
Au XIVe siècle Dans la deuxième moitié du siècle, les Songhoy de Gao profitent des difficultés de l'Empire du Mali pour se libérer de sa tutelle. Le règne de Sonni Ali-Ber, fils de Ma Dao (1 464-1 492) marque la naissance de l'Empire de Gao. Ce souverain resté profondément animiste, a la réputation d'être magicien et, pratique la religion musulmane plus par le calcul politique que par conviction. Il entreprend une réforme de l'armée et voyant dans le Niger l'axe de son Empire, crée une flotille de guerre qui joue un rôle important dans le transport des troupes. Il s'empara de Tombouctou en 1 468 et prit Djenné en 1 479. Sonni Ali-Ber battit les Mossi, les Dogon, les Peul du Macine et les Touareg. Il entreprit de grands travaux hydrauliques. Ayant conquis toute la boucle du Niger, il laisse à son fils Sonni Bakary Daa, un Empire qui s'étends de Kano à Mopti et à Oualata. Mais pour avoir imposé les lettrés musulmans de Tombouctou par sa politique religieuse, trop favorable à l'animisme, il s'aliène la fidélité d'une partie de l'armée musulmane commandée par un Général de son père Mohamed Touré, l'Askia Mohamed. En 1 493 ce dernier triomphe et ursupe le pouvoir. Il fonda une nouvelle dynastie, celle des Askia.

  Le règne de Askia Mohamed
Au XVe siècle Askia Mohamed gouverne avec l'appui des croyants. En 1 496, il se rend à la Mecque où, avec ostentation, il distribue 300 000 pièces d'Or en aumônes. Il en revient avec le titre de "Calife du Soudan". Mais, il est avant tout un guerrier et, il agrandit son Empire en combattant contre l'Empire du Mali (1 500-1 508), contre les états Haoussa (1 513-1 517) il s'empara d'Agadès après avoir repoussé les Touareg dans l'Aïr, toutefois il échoue dans sa tentative contre le royaume Mossi du Yatenga. L'Empire du Sonray n'en atteint pas moins sa plus grande superficie sous son règne. S'étendant de l'Atlantique au Bornou, il est le plus pays de l'Afrique Tropical Médiévale.
  L'Empire est centralisé à Gao autour de l'Empereur qui choisit ses conseillers et ses ministres, chargés de tâches bien définies (finances, police, flotte, protocole...), sans qu'il est hérédité des fonctions. Tout ministre a son uniforme et ses prérogatives et, le ministre du protocole a même le droit de s'opposer à une décision de l'Empereur. Les provinces sont administrées par des Farin, qui supervisent en particuliers les fonctionnaires chargés de la perception des impôts en nature (grain, poisson séché, corvée...). La justice est rendue par des Cadi, dont les sentences sont sans appel. La bonne administration de l'Empire favorise le commerce, qui se développe le long du Niger. Mais revers de médaille, Askia Mohamed pratique une politique féroce à l'égard des vaincus, selon le témoignage impérial de Léon l'Africain. Ils sont écrasés d'impôts voire déportés, leurs chefs châtrés ou empoisonnés.
Le déclin et la fin de l'Empire Songhoy Âgé de 96 ans, Askia Mohamed est dépassé par ses fils qui s'entre-déchirent. De 1 528 à 1 539, quatre Empereurs se succèdent. Sous le règne d'Askia Daoud (1 549-1 582), l'Empire va réveler sa fragilité. En 1 589, les Marocains revendiquent les mines de sel de Taghaza. Askia Mohamed se contente de l'indemnité du Sultan du Maroc, Ahmed El Mansour, qui est attiré par les richesses du Sonray. En 1 591, bataille de Tondibi, mille soldats marocains réussissent à traverser le désert et, remportent une rapide victoire grâce à leurs arquebuses, sur les armées du dernier Askia de Gao, Ishaq II
(1 588-1 591). L'armée marocaine s'empara de Gao et de Tombouctou.

  Désorganisation du Soudan
Au XVIIè siècle L'économie et le commerce transsaharien se désorganisent. Famines et épidémies se succèdent. La traite négrière commence à affecter le pays Malinké, proche des comptoirs du Sénégal.

  Royaume de Ségou et du Kaarta
Royaume de Ségou

Au XVe siècle, les Bamanan ou Bambara Coulibaly s'installèrent entre le fleuve Niger et le Bani. Ils trouvèrent sur place les Bozo, les Peul, les Bamanan.
La première dynastie régnante à Ségou fut celle des Coulibaly. Le véritable fondateur du royaume bamanan fut Mamari Coulibaly
(1 712-1 755), dit Biton. Il exerça le pouvoir au sein d'une association appelée "Ton". En 1 754, Biton lutta contre Foulakoro, roi des Massassi où il trouva la mort. Le royaume s'étendait de la région de Djenné à Niamina, et du fleuve Niger au Bendougou. A la mort de Biton, les chefs militaires Diarra ont ravi le pouvoir et se sont proclamés rois. N'Golo Diarra (1 766-
1 787) transféra la capitale de Ségou Koro à Ségou Sikoro. Il fit la conquête du Macina, de Djenné, Sokolo et Tombouctou, mais échoua face aux Mossi. Son fils Monzon Diarra lui succèda à sa mort ( 1 792-1 808). Le royaume atteignit son apogée; il sétendait Kangaba à Tombouctou et du Bélédougou au Bendougou. Il s'empara des mines d'Or du Bouré. Da Monzon, son fils lui succèda de 1 808 à 1 827. Sous son règne le Macina se détacha de Ségou. Sous le règne de Bina Ali (1 856-1 861), les Toucouleur firent la conquête de Ségou. El-Hadj Omar Tall, entré à Ségou, plaça son fils Amadou après avoir fit mettre à mort Bina Ali.

Royaume du Kaarta Après la mort de Foulakoro, les Massani s'enfuirent vers l'ouest pour fonder le Royaume du Kaarta, dont le premier souverain fut Sey Baman (1 754-1 758). Il s'étendait du Kaniaga au Galam et du Bambouk au Bakounou.

  Royaume Peul du Macina

Au XIVe siècle




Au début du XIXe siècle, Sékou Ahmadou Barri un marabout peul, crée un grand royaume musulman: le royaume peul du Macina.

 

Les Peul, nomades créèrent de petits royaumes comme ceux du Fouta Toro et du Fouta Djalon.
Au XVe siècle fut fondé celui du Macina, delta central du fleuve Niger. Le royaume du Macina vécut successivement sous la domination de l'Empire du Mali, du Songhoy, des Touareg et du royaume bamanan de Ségou.
Au début du XIXe siècle, le Macina était commandé par Hamadi Dicko.
En 1 818, Sékou Ahmadou Barri vainquit les troupes de Hamadi Dicko de Ségou à Noukouma et choisit Hamdallaye crée en
1 921, comme capitale. Il se proclama émir des croyants. En
1 826, les conquêtes de Sékou Ahmadou s'étendaient de Tombouctou à Djenné.
En 1 862, le royaume du Macina fut conquis par le Toucouleur El-Hadj Omar.

  Le Kénédougou

A la fin du XVIe siècle





Fondé vers 1 760 par Daoula Ba Traoré, le royaume du Kénédougou s'étendait entre la Volta noire et la Bagoé. Il s'est effondré à la prise de Sikasso par les Français en
1 898.

 

Les Ouattara et les Traoré, des Dioula musulmans, vivaient dans le nord de la Côte-d'Ivoire (région d'Odiéné). Les Dioula dominaient les Sénoufo de ces régions. Les rivalités existaient entre les Traoré et les Ouattara, ce qui obligea Manka Diabakaté Traoré à quitter la Côte-d'Ivoire pour s'installer au Burkina-Faso actuel. Vers 1 760, Daoula Ba Traoré descendant de Manka Diabakaté Traoré vint s'installer à Finkolo, au Mali. Il soumit les Sénoufo de cette région, appelée le Folona. Ce fut le début du royaume du Kénédougou. Tiéba, son second fils lui succèda. Il transféra la capitale à Sikasso et la fortifia en la protégeant par un immense "Tata" (forteresse). Il signa la paix avec Amadou, roi de Ségou. Il mit en échec Samory devant les portes de Sikasso, en 1 887 après un siège de quinze mois.
En 1 888, Tiéba signe un traité de protectorat avec les Français. Le royaume connut son apogée en 1 890.
Ba Bemba, son frère lui succèda, mais il fut battu par les Français en 1 898 qui occupèrent Sikasso. Ce fut la fin du royaume de Kénédougou.

A la découverte de Tombouctou
Vue de Tombouctou, Gravure d'après un dessin de René Caillié. Ce n'était pas la fabuleuse aux cent portes, regorgeant d'or et d'ivoire, telle que l'avait décrite Léon l'Africain, mais une agglomération de tours et de cubes en brique crue, plongée dans un silence de mort, que découvrit en 1 828 l'explorateur solitaire. Fondée par les Touareg au XIIe siècle, Tombouctou devint vassale de l'Empire Mandingue et connut un essor particulier aux XIIIè et XIVè siècles. Tombouctou (Timbuctu) fut reprise par les Touareg après la chute de L'Empire du Mali et, passa sous domination Songhoy. Tombouctou connut son apogée au XVIe siècle sous les Askia. Elle occupe plusieurs fonctions: commerciale, religieuse, culturelle et politique. Tombouctou joue un rôle très important dans le commerce transsaharien. Lieu de rencontre des illustres lettrés musulmans, les Oulémas qui étaient consultés pour toutes les affaires de l'Empire. Tombouctou était le deuxième centre politique après Gao.

A l'aube du XIXe siècle, le mirage d'un Soudan peuplé et riche, avec la fabuleuse Tombouctou pour capitale, hante les imaginations européennes. Mais lorsque le français René Caillié rapportera en 1 828 le premier témoignage direct sur Tombouctou, se sera pour exprimer sa déception devant le déclin de la grande cité musulmane. De 1 850 à 1 855, l'allemand Heinrich Barth parcourt le Soudan, du Macina à l'Adamaoua. Il étudie les langues et les coutumes locales, surtout évalue les ressources et les marchés possibles pour les commerçants européens. Ses données précises contribueront à entretenir le mirage sur les richesses du Soudan et, expliquent en grande partie la politique française à partir de Faidherbe, la loi relative à la construction d'un chemin de fer de la côte du Sénégal au Niger en étant l'illustration. Ayant occupé le Sénégal, les Français qui remontent le Fleuve du Sénégal se heurtent à El Hadj Omar, puis à son successeur et fils aîné, Amadou, installé à Ségou dans le Macina.



Tombouctou
  La résistance de Samory
Samory, grand patriote africain, lutta pendant dix-sept ans
(1 883-1 900) contre la pénétration française en Afrique occidentale.
Samory Touré est un ancien colporteur Dioula devenu soldat de métier. Le royaume de Samory s'est formé entre 1 870 et 1 875 de façon brutale, celui-ci ayant constitué une armée de Sofa ou esclaves-soldats, pour soumettre les petits Etats indépendants.

Commandés par le Colonnel Borghis-Desbordes, les Français dans leur marche vers le Niger, attaquent Samory. Celui-ci signe la paix de Bissandougou en 1 887 afin d'avoir les mains libres à l'Est contre le Kénédougou, mais il a la maladresse d'instaurer un régime théocratique qui heurte les sentiments des animistes. De 1 891 à 1 894, les Français obligent les troupes de Samory à reculer après de très durs combats. Samory refuse les ouvertures de paix par les Français. Mais sa cavalerie est décimée par la maladie et, les trafiquants anglais de la Sierra Leone ainsi que les commerçants maures du Sénégal ne lui procurent plus avec la même facilité les armes modernes. En 1 891, le Colonnel Archinard prend la ville de Kankan et oblige Samory à se réfugier en Côte d'Ivoire. Les colonnes françaises traquent le souverain qui est fait prisonnier par le Capitaine Gouraud le 29 Septembre 1 898 à Guélémou. Samory est exilé au Gabon où il meurt le 15 Juin 1 900.


  De la colonie du Soudan à l'Indépendance
  Le 18 Août 1 890, le Soudan Français est organisé en colonie. En 1 899, à la fin de la conquête, celle-ci est dissoute pour être partagée entre les territoires, puis en 1 904, le Ministère des Colonies crée la colonie du Haut Sénégal Niger. Ce n'est qu'en
1 920 que le Soudan Français épouse les frontières de l'actuel état du Mali. Après la guerre de 1 914-1 918 commence la mise en valeur du Soudan.
  En 1 940, tous les hauts fonctionnaires demeurent fidèles au Gouverneur Général Boisson, resté dans l'obédience de Vichy, mais après le débarquement des alliés en Afrique du Nord en Novembre 1 942, le Soudan participe à l'effort de guerre. Devenu territoire d'outre-mer en 1 946, dans le cadre de l'Union Française, le Soudan bénéficie de la Loi Cadre de 1 956, qui le dote d'un conseil de gouvernement et d'une assemblée territoriale. Il accède à l'Indépendance le 20 Juin 1 960 dans le cadre de la Fédération du Mali dont fait partie le Sénégal. Mais celui-ci éclate dès le 19 Août 1 960, lorsque le Sénégal s'en retire. Le 22 Septembre 1 960, le Mali acquiert son indépendance totale. Il est conduit par Modibo Keïta, qui engage son pays dans la voie de la réforme. Suppression des chefferies, mise en application d'un code familial, réforme de l'enseignement, socialisation des moyens de production. Mais les difficultés économiques causées par l'isolement du Mali et par la gestion défectueuse des entreprises d'Etat incitent le 19 Novembre 1 968 un comité militaire présidé par le Colonel Moussa Traoré, à prendre le pouvoir.

  La dictature de Moussa Traoré
  Celui-ci interdit tout mouvement politique, avant de créer en
1 979 un parti unique, l'Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM). Le régime dictatorial de Moussa Traoré se révéla incapable de faire progresser l'économie de façon appréciable. De 1 968 à 1 974, puis de 1 983 à 1 985, des sécheresses persistantes entraînèrent des famines, tandis que l'Etat épuisait ses ressources dans un différend avec la Burkina-Faso. Le contentieux territorial, portant la bande de l'Agacher s'aggrava jusqu'à provoquer un affrontement armé entre les deux pays, en 1 985. Il fut réglé en 1 986 par la Cour Internationale de Justice.
  Cette même année fut marquée par d'importantes grèves étudiantes et syndicales. Au mécontentement causé par la crise économique, à l'impopularité des plans d'ajustements structurels mis en oeuvre à partir de 1 981, s'ajoutait l'aspiration démocratique, qui se traduisait en 1 990 par la formation de trois mouvements politiques d'opposition. Dans le même temps, la rebellion Touareg reprenait avec vigueur au Nord. La répression brutale par l'armée des manifestations populaires en faveur de la démocratisation aboutit au renversement de Moussa Traoré en Mars 1 991.

  Le retour à la Démocratie
  Les libertés publiques furent rétablies par un Comité Transitoire pour le salut du peuple dirigé par le Lieutenant Colonel Amadou Toumany Touré et, sous l'égide duquel furent organisées les premières élections libres du Mali indépendant. En février 1 993, Moussa Traoré au terme d'un procès exemplaire fut condamné à mort et gracié en 1 997. Le nouveau régime présidé par Alpha Oumar Konaré, a manifesté sa volonté de ressoudre le conflit Touareg, mais aussi la crise sociale par la négociation. Ses efforts pour renforcer la démocratie demeurent cependant menacés par la persistance des difficultés économiques. En Mai 1 997, il a été réelu avec 80% des suffrages exprimés. L'opposition ayant appelé au "boycott".
  Mai 2002, élection à la présidence de la République du Général Amadou Toumani Touré, 53 ans.
Surnommé "ATT" par les Maliens, le Général à la retraite a obtenu 64,35 % des voix au second tour, contre 35,65 % à son adversaire Soumaïla Cissé, candidat de l'Alliance pour la Démocratie au Mali (Adéma), le parti qui a gouverné durant une décennie.
   

 

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